"And now, ladies and gentlemen, mister C" : Rock

Mercredi 22 octobre,
Théâtre le public, je dois intervenir dans un colloque sur l'accès des jeunes à la culture
Çà ne devait pas être moi, mais V. qui au dernier moment, a dû partir pour Belfast, pour le boulot!
Je suis partagé entre le trac et ...le trac!
C'est la première fois que je fais ce genre d'exercice, je passe en dernier, fin de matinée et avant moi, il y a un panel de gens qui ne font pas partie de mon monde : représentants de ministre et experts (sociologue, spécialiste de la question,...)
Monter sur scène, j'ai déjà fait
Jouer un spectacle, aussi
Parler en public, itou
Mais intervenir dans un colloque... jamais!!!
Bon la veille, les collègues ne m'avaient pas laissé tomber et avaient pris part à l'élaboration de l'intervention, J. à la maison m'avait coaché et fait répéter plusieurs fois, mais ....

Voilà, je suis assis sur scène, à ma droite une dame qui va intervenir au nom de Culture et Démocratie, à ma gauche une chaise vide, c'est normal, je suis le dernier, ...puuutain!
La salle est à moitié remplie, petite moitié.
Première intervenante, la représentante de la ministre de la culture, elle déblatère une liste interminable et à toute vitesse de ce que la ministre a fait pour l'accès des jeunes à la culture, top chrono, fini terminé, excuses rapides, elle ne peut rester, elle a autre chose à faire, c'est à se demander pourquoi elle est venue, personne n'a retenu ce qu'elle a dit , trop de choses et en trop peu de temps que pour pouvoir ingurgiter. Acte de présence symbolique ça doit s'appeler!
Ensuite, c'est le représentant du ministre de la jeunesse, je m'étonne, il n'y a pas de représentant du ministre de l'Accès or c'est là qu'il faut faire des choses!
Lui, il n'a pas de papier, le frimeur, il a le temps, il excuse son ministre retenu ailleurs, il maitrise son propos, c'est peut-être la centième fois qu'il raconte la même chose, je ne sais plus de quoi il a parlé , si ce n'est qu'il y avait trois axes, mais lesquels...j'ai un trou.
Le sociologue, fait un peu professeur Tournesol, se trompe de ligne dans son texte, bafouille, cherche dans son cahier, il y a des blancs, baisse la tête, ajuste le micro, une gestuelle de star de la sociologie peut-être, mais c'est intéressant. Il donne envie de lire les livres qu'il cite. Il regarde sa montre, il a annoncé d'emblée que l'organisateur lui avait imposé un temps d'intervention et qu'il ne pourra donc qu'effleurer les choses.
Il regarde sa montre une dernière fois, stop
Ouaaa, après la dame c'est à moi, pou-poum, pou-poum, pou-poum!
C'est l'intervention la plus intéressante, elle parle de l'enseignement des arts plastiques et de la musique à l'école qui n'a cessé de diminuer et des conséquences que ça peut avoir sur l'accès des jeunes à la culture.
A l'athénée les trois premières années d'humanités, j'avais 2 heures de dessin, 2 heures de travaux manuels et une heure de musique par semaine, si j'ai bien compris, aujourd'hui, il n'y a plus qu'une heure d'arts plastiques par semaine, les 2 premières années.

Ça va être à moi, glup.
Çà y est, j'ai mon introduction :
"En tant qu'ancien professeur d'Arts Plastiques, je suis très touché par ce que vient de dire madame D. et je ne peux que souscrire aux revendications de Culture et Démocratie,..." suit mon exposé.
Je sens que je me détends au fur et à mesure que ça avance
Les spots m'empêchent de voir les spectateurs, je distingue quand même mon collègue F. avec qui j'ai convenu d'un petit "private joke" : quand je conclurai, je ferai avec mes doigts des guillemets. Geste dont je lui avais dit que je ne supportais pas la prolifération.
Ça y est, je dis ma dernière phrase : "Où se pose-t-on la question de l'accès des "non jeunes" (je fais mes guillemets avec mes doigts- clin d'œil à F.) à la culture des jeunes"
Standing ovation, la salle en délire... non, je déconne!

Si je suis content que c'est terminé, je ne peux pas dire que c'est le genre de truc où j'ai pris mon pied,


It's not verry rock'n'roll, baby!

DSC_0309.jpg Orat