1979. A nous les petites Suédoises...
Par Manuel le Jeudi, juin 21 2007, 22:03 - Histoires de Manuel - Lien permanent
J'arrive à Karlstad.
Le voyage m'a pris deux ou trois jours, je ne sais plus exactement.
J'appelle Ässa (prononcez Ossa) dès mon arrivée depuis une cabine publique, et
elle vient me chercher. Je ne sais plus comment.
Arrivés chez elle, elle me présente à ses parents.
Je suis un peu intimidé et me sens comme un renard déguisé en poule, mais qui
s'est trompé et est entré dans le chenil plutôt qu'au poulailler.
Ässa (prononcez Ossa) me montre la chambre d'amis et la salle de bains. J'en ai
besoin... La salle de bains est aussi grande que l'appartement de mes parents,
toute carrelée, du sol au plafond, et ouverte, une seule pièce
non-compartimentée, avec l'évacuation des eaux au centre. J'hésite à
l'utiliser, de peur de la salir, si blanche, immaculée.
La maison est située dans un quartier résidentiel, au vert, calme.
Je parle avec Ässa (prononcez Ossa) au jardin, puis sa mère vient l' appeler
pour le repas.
Au menu: des biscottes, crudités et un bloc de fromage qu'on découpe en très
fine tranches avec une espèce de mini-raclette à main.
Frugal.
Ça me changera des repas chez les Espagnols, mais c'est déjà mieux que tous les
repas pris depuis mon arrivée en terres scandinaves.
Le lendemain, nous retrouvons Agnetta. A elles deux, elles organisent un petit
pique-nique (biscotte, fines tranches de fromage...) au bord du lac.
Ässa (prononcez Ossa) et Agnetta me racontent leur vie à Karlstad, leur
première année d'université qui vient de s'achever. L'une étudie la littérature
scandinave, l'autre la philosophie.
—Et toi ?
Moi ? Je n'ai plus pensé à mon boulot depuis mon départ. La réalité me
rattrape brutalement.
J'explique mon travail dans le bureau d'études de la Faculté Polytechnique de
Mons. Je raconte qu'en réalité j'y apprends mon métier, qu'en sortant de
l'Institut, je ne savais rien.
Elles trouvent ça passionnant, me disent-elles. Je n'avais jamais envisagé mon
travail comme ça. Passionnant.
Agnetta a apporté sa flûte traversière et nous joue quelques airs. Du
Bach ? Ou du Mozart ? Après on essaie d'improviser à deux, j'ai
apporté ma guitare, mais ce n'est pas concluant: elle est très classique et moi
trop autodidacte débutant...
—Et vers où comptes-tu te diriger demain ?
La question de Ässa (prononcez Ossa) me prend au dépourvu. Mais c'est clair et
net. Demain, je pars...
—Stockholm.
Je le dis sans réfléchir.
— Oh, Stockholm ! Nice city. You will love it ! me disent-elles en
choeur.
Sûrement, je dis.
Je suis venu en Suède uniquement dans ce but, voir Stockholm...
—Quand tu arrives, va loger à l'auberge de jeunesse bateau. C'est très beau. Je
ne me souviens plus de son nom, mais tout le monde la connaît, si tu demandes.
Tu te souviens du nom de l'auberge, Agnetta ?
—Non, je ne sais plus.
—Ce n'est pas grave. I will find it.
Fin de l'acte à Karlstad.
Et à propos de bateau, je me suis fait joliment mener, non ?

Commentaires
Donc, tu n'as rien conclu...? Sacré allumeuses Suédoises...
Ibsen (prononcer Dubois) :-))
La Petite Marchande d' Allumeuses.
Andersen, un scandinave. Il savait de quoi il parlait...