1974 Ah ce qu'on est bien, dans ces jardins, ... pas besoin de sous pour être bien...
Par Olivier le Samedi, juin 16 2007, 11:55 - Histoires d' Olivier - Lien permanent
Eté 1974, Doche et moi décidons d'aller rejoindre Pelot, (qui n'a pas encore fait le grand saut- la fugue-, ce sera un peu moins d'un an plus tard après la fête de l'Huma, voir le billet "On arrête tout...", faut suivre, s'il vous plaît là dans le fond).
C'est les vacances, Pelot est avec ses parents dans les Cévennes, ils ont acheté un terrain, il y a des années, en prévision de leur retraite et y ont installé des caravanes, en attendant d'avoir les moyens pour construire en dur, et chaque été, y prennent leurs vacances.
Il fait chaud, on est descendu en train, et on fait du stop jusque Cardet (si mes souvenirs sont bons).
On est pris par 2 Suédoises (coucou Manuel, les re-voilà) qui ont chacune une voiture et nous embarquent séparément. Puis nous largue une dizaine de km plus loin, sans raisons apparentes, on n'a pas bien compris, elles parlaient Anglais et nous, on se débrouillait très mal en Anglais (Doche mieux que moi), bref, après on a fantasmé comme des bêtes sur des possibilités qu'on avait pas saisi dans tous les sens du terme.
On arrive enfin à Cardet, heureux, on a fait un peu d'"on ze road", Pelot nous accueille, on se raconte "depuis qu'on ne s'est plus vu" et lui a un contact prés de Montpellier pour aller dans une communauté, oufti!çà se concrétise des étoiles plein la tête.
Le lendemain nous voilà partis pour Argelliers (je ne suis plus du tout sûr du nom, mais c'est dans ce coin là)
Pour arriver à la communauté, faut emprunter un petit chemin de terre et de rocailles, tout y est comme dans nos rêves, le beau temps, les senteurs du sud, le chant des cigales, ça monte mais tout est facile, on est heureux, on va enfin voir une COMMUNAUTÉ.
Arrivés là, on est accueilli par un vieux de 40 balais au moins, tout est facile, il est cool, il y a des vieux cool, on trippe comme c'est pas possible. On est assis sur des coussins, il nous raconte la vie, à la communauté, qu'il n'y a pas de problème pour qu'on passe la nuit là. Ce qui nous étonne c'est qu'il n'y a que lui dans cette communauté, et Lizzard et luc, Psilvia, où sont-ils Jacques (il avait un nom comme ça, un nom de vieux quoi)? Oh, ils sont sur la route, c'est les vacances, alors il n'y a que du passage en ce moment, pour voir tout le monde, il faut revenir en octobre. Il nous fait quand même une remarque sur ceux qui squattent et qu'à un moment il a dû mettre à la porte, on est trop "pété" pour saisir ce qu'il vient de dire. Puis Jacques se retire dans sa pièce, il nous explique que là personne ne vient sans son autorisation, ouais, on comprend, il a besoin de se retirer pour méditer, c'est vachement cool
On se retrouve dans une piaule avec 3 paillasses, c'est pour nous, mieux qu'un hôtel 5 étoiles : "Tu te rends compte, on est dans une communauté, j'y crois pas , je rêve,..."
Une nuit à planer dans un nuage tout rose, tout doux, que la vie est belle, vue d'ici.
Le lendemain, Jacques est moins avenant que la veille, il nous raconte ses exploits en Avignon, où il s'affiche avec des jeunes filles sur la Place principale et qu'ils font chier les bourges, qu'il dort parfois avec plusieurs filles de passage à la communauté, je pense qu'on ne voulait pas briser notre rêve mais qu'on sentait que ça commençait à devenir glauque, on se refusait d'admettre que ce Jacques était un baratineur de première, la preuve on était sous le charme, et que son objectif, c'était de mettre dans sa couche un max de filles, jeunes, un peu paumées, on avait juste la chance d'être des mecs, ce qu'il nous fit comprendre en nous invitant gentiment à mettre les bouts!
En 1974, l'âge d'Or des communautés étaient révolus mais ça on ne voulait pas l'admettre, enfin pas tout de suite.
Commentaires
c'est amusant ce que tu dis, par rapport à ce vieux beau de 40 ans. ..J'ai un souvenir aussi de ce genre de gars, mais forcément autre, j'étais plutôt la nana que le gars avec son " aura de beat hippie " voulait mettre dans son lit... Mais comme toi et ton ami, j'étais hyper méfiante et je m'enfuyais au galop....
Ah, Dick Annegarn!
Il est venu jouer au théâtre 140. J'habitais Chaussée de Vleurgat dans un grenier qui appartenait à une ONG (comme on dit maintenant) et qui s'occuppait dans un village du Sud de la France (Gratte) de l'insertion des enfants en difficultés. (comme on dit maintenant)... Dick Annegarn connaissait les gens de cette ONG et donc mon propriétaire. Il devait venir jouer à Bruxelles au Théâtre 140 mais n'avait pas de guitare et en cherchait une. Je venais de recevoir des USA ( à lire plus tard dans mes aventures...) une guitare folk Martin... LA Rolls de la guitare...! Il est venu chez moi dans mon grenier pour l'essayer...Un joueur exceptionnel... Il a pris ma guitare mais finalement a joué sur une autre...
Un grand concert quand même au 140 !