1974 Sans vergogne
Par Olivier le Vendredi, juin 15 2007, 09:24 - Histoires d' Olivier - Lien permanent
Hop! Petit saut dans le temps : j'ai 17 ans et 11 mois, mes 18 se profilent à l'horizon, c'est pas une date importante, dans la mesure où la majorité est toujours à 21 et que donc je me sens encore pieds et poings liés à mes parents.
Cependant, je vis la semaine à Angleur, dans une maison aménagée en chambres d'étudiant. Il y a Doche, mon pote d'Athénée et qui fait médecine aussi et avec qui je vais partir en communauté, Clair qui fait vétérinaire et une autre fille dont je ne me rappelle plus le nom. Bitoniot (pfuff, on se donnait de ces noms, enfin, je sais pourquoi on l'a appelé comme ça lui..., la plupart du temps c'est Gouvy qui trouvait les surnoms, un reste du totem scout en quelque sorte) Bitoniot, donc, était parti de chez lui, une fugue, je pense que ses parents avaient alerté les flics, et il était venu se réfugier dans nos chambres d'étudiants, on cohabitait en le cachant, de plus la proprio, une femme énergique et pas toujours commode, habitait la maison à côté et il ne fallait pas qu'elle s'aperçoive de sa présence.
Un jour, on décide de faire la manche, Bitoniot n’a pas de fric avec lui et c’est une bouche en plus à nourrir, les provisions que nos parents nous donnent pour la semaine n’y suffisent pas mais on a une astuce géniale qui va nous rapporter un max : on va vendre aux étudiants bourgeois, plein aux as, des colliers marocains.
Parenthèses : comment fabriquer un collier marocain? Ingrédients : un fil solide, une boite de macaroni (ça on a dans les provisions). Mode d'emploi : faire chauffer à sec, dans une poêle, les macaroni découpés en tronçon de 3 à 4 cm. Une fois qu'ils ont atteint une jolie couleur, brun foncé, les retirer du feu et laisser refroidir. Refroidis, enfiler 5 à 6 tronçons dans le fil épais, faire un gros nœud à chaque extrémité et voilà, un magnifique collier marocain en bois aux essences rares.
Le soir où on préparait notre « arnaque » dans la chambre de Doche, les 2 filles arrivent sans crier gare, elles faisaient partie des bourgeoises pleines aux as, merde, elles vont découvrir la supercherie, surtout le macaroni cramé, ça pue.
« Qu’est que vous faites ? »! Je vois la tête de mes 2 potes interloqués, je lis dans leurs yeux : « Shit, 2 clientes en moins ! » et moi, sans perdre mes moyens de répondre : « On fabrique des colliers marocains, il y a un pote à nous qui nous envoie du Maroc du bois aux essences rares mais un peu jeune, alors on le vieillit en le chauffant ! »
Au bord de la crise de fou rire, Doche et Bitoniot n’en reviennent pas et les filles de me croire ! Quand elles sont reparties, ils m’ont avoué qu’il ne me savait pas si bon menteur, moi non plus d’ailleurs, ça m’était venu comme ça !
On leur a vendu un collier à chacune, Clair nous avouera par la suite, quand elle est devenue une copine, qu’elle avait eu un doute mais que mon aplomb l’avait déconcertée, hum !
On étaient jeunes et un peu con, mais il y avait plus con que nous, on en a vendu 2 ou 3 à l ‘entrée de la gare des Guillemin, 20 francs, une fortune! Ca ressemblait à ça, en plus cheap:

Commentaires
Je VEUX un collier comme ça!
Je prends les commandes mais ça fait combien en euro d'aujourd'hui 20 frs de 1974?
C'est possible de l'avoir avec des pâtes BIO ?
En 74 toutes les pâtes étaient Bio ou aucune, c'est selon, en tout cas, ça n'existait pas!Donc j'ai pas essayé, ce sera juste 13% plus cher!
Eh oui, vieux, c'est terminé les hippies et compagnie, business is business no?