1979. Göteborg. L'arrivée.
Par Admin le Samedi, juin 16 2007, 23:00 - Histoires de Manuel - Lien permanent
J'ai peu de souvenirs de Göteborg, en tant que lieu.
J' y arrive par bateau, depuis Frederikshavn (Danemark).
1979 est une année exceptionnelle : cette fin de printemps accuse des températures record. Bref, il fait très chaud. Heureusement que j'ai pris mon pull norvégien et les tonnes de chaussettes. Aux pays des saunas, je suis en harmonie et transpire... Je marche depuis le port. Je demande mon chemin.
— I want to go to Karlstad.
— Yes, you have a bus, near the station.
Je m'arrête pour acheter de l'eau fraîche. Ils sont fous ! Ici, l'eau est fabriquée avec des diamants. Tout est cher. J'étais prévenu, mais je ne m'attendais pas à ça.
Je m'arrête pour faire le point. Je fais le bilan de mes finances (Déjà ! Alors que je viens d'arriver) et me rends compte à cet instant, que le papier avec l'adresse de mes Suédoises a disparu. Je déballe tout, vérifie mes poches, rien ! Je l'ai perdu... Sans doute sur le bateau. Plus la peine d'aller à Karlstad, pourquoi faire ? Et justement, quoi faire maintenant ? Je panique. Quel con !
Perdu dans ces sombres pensées, je me fais aborder par deux jeunes gars. Ils me demandent d'où je viens, où je vais. Je leur raconte un peu. Je suis un peu déprimé.
—Don't worry, me disent-ils. Come with us !
Chacun d'eux trimballe un ou plusieurs sacs en plastique. Je les suis, avec tous mes sacs , moi-aussi.
On se retrouve dans un parc, sur la pelouse. Ils me présentent à tout un groupe de jeunes gens, garçons et filles, occupés à déballer des sacs. Que des bouteilles de boissons alcoolisées : bières, Martini, vins bon-marché...
Une demi-heure après, ils sont tous fin saouls. Moi, j'ai prudemment bu un
seul verre, que j'ai fait durer en jouant de la guitare.
"The Lunatic is in the grass"
Je suis sidéré. C'est leur passe-temps. Récolter de quoi boire, puis mettre en commun et se saouler.
Je reste avec eux tout l' après-midi, partage le restant de mes provisions. Du reste, il n'y a pratiquement que moi qui mange.
— Tu sais où dormir, ce soir ?
On me demande.
Non, je dis.
— Come with us. We have a nice place.
C'est un skat, très délabré. Une maison en ruines. Mais les habitants sont très accueillants. lls me demandent d'où je viens, et des choses sur moi. Je partage mes dernières cigarettes. Ils partagent une pizza, ou quelque chose comme ça.
Je suis fatigué. Une des jeunes filles du skat me dis de la suivre, elle va me montrer mon lit. C'est son lit.
— You can sleep in my bed, with me.
Le lendemain, je dis au-revoir, les remercie. Je n'ai pas envie de rester là.
Mais je ne sais pas où aller. Que faire ? Continuer sans but ? Retourner à Bruxelles ?
Je marche toute la matinée dans Göteborg. J'ai atteint le centre ville, la ville moderne et affairée. Si je demande quelque chose à quelqu'un, mon chemin ou une information, les gens ne s'arrêtent pas, ils ne me regardent tout simplement pas. Je suis invisible.
J'ai acheté (cher) du pain et du fromage dans un supermarché et m'installe sur les marches d'un vieux bâtiment un peu pompeux mais désaffecté. Ça ressemble un peu à la Bourse de Bruxelles. Un petit point de repère familier en ce moment où j'ai besoin de réconfort.
Alors que je mange, une voiture freine juste en bas des marches...
Attention, attention, à partir de cet instant, les incrédules sont priés d'abandonner le blog !!
Je répète, à partir de cet instant, les incrédules sont priés
d'abandonner le blog !!

Commentaires
je ne quitte pas le blog mais je continue à trouver ces bêtes bêtes
totalement incongrues
Et, Et, Alors...,,,,,?????
Zorro ...?