kerouac-road.jpg

Juin 1975, voilà le genre d'image qui me fait tripper, planer, flipper, j'ai lu Sur la route et Les Clochards célestes, ... les Clochards célestes, rien que le titre, c'est déjà un voyage, comme Gérard Manset, je vais voyager en solitaire, comme Béranger, Natacha ton nom est déjà un voyage, voyager dans sa tête c'est bien mais pour du vrai ça doit être encore mieux. En poche 5000 frs que mes parents m'ont donnés, 5 paquets de Roisin et 5 de Riz la Croix bleue. Mon vieux sac à dos et une petite tente. Départ : ma mère, dans sa vieille 2 chevaux, me dépose à Maubeuge, ça m'évite de passer la frontière en stop, à l'époque je risque une fouille, les longs cheveux, les douaniers et les flics les regardent toujours d'un drôle d'air, même si ça fait plus de 10 ans qu'on en voit de plus en plus (je me faisais parfois arrêter jusque 3 fois par jour, contrôle d'identité, le plus drôle c'est que comme ma mère était institutrice à Quaregnon et que la moitié du village est passée dans sa classe, une fois sur 2, les flics après avoir lu ma carte d'identité, me demandaient si j'étais le fils de madame C... et me laissait repartir, mi-gênés, mi-surpris ) Je me souviens parfaitement de ce grand jour, un petit pincement au cœur mais vite effacé par la perspective de cette route, ce dont je ne me souviens plus c'est de l'au revoir à mon père, ce jour là il est allé bosser comme d'hab., j'imagine...

Ma mère me dépose sur une sorte de ring, qui amène à l’autoroute, direction Dijon, Lyon, Albi, Privas, Aubenas, … La 2 chevaux s’éloigne, dernier signe de la main, je suis tout seul, le pouce en l’air, Kerouac, j’arrive…