1977. Un peu plus tard... Episode II
Par Admin le Mardi, mai 29 2007, 11:32 - Histoires de Manuel - Lien permanent

Là oui. J'ai dix-huit ans.
La scène se passe chez un ami, JiM. Non, non, il n'y a pas d'erreur de
frappe.
Lui est fils unique, et très gâté. Matériellement en tout cas. Il s'est
offert le nouveau synthé Yamaha, celui qui vient de sortir, et tout un tas
d'autres merveilles qui coûtent un pont. Sur la photo, en haut c'est un strings
Crumar.
Le chevelu, c'est moi. J'ai viré mes lunettes à la Marc Aryan, et j'ai des
rondes métalliques, style Lennon.
On s'enferme dans la chambre à JiM, lui à la guitare électrique, une Strato
blanche branchée à une flopée de pédales. Moi, je viens d'acheter avec un de
mes premiers salaires, une imitation Les Paul noire d'occasion, à un ami
Espagnol. 800 francs. Une beauté (la guitare...).
Mais JiM joue beaucoup mieux que moi, et je la laisse à la maison.
Je programme les synthés, séquenceur analogique seize pas, et on décolle. Je
fume toujours un pétard avant de débarquer chez lui, mais je lui dis rien. Il
m'a l'air trop sérieux, pas fumeur, ni buveur, ni de filles. Les
apparences...
On s'enferme pendant plusieurs heures dans des envolées à la Pink Floyd,
Tangerine Dream, etc. Je dis "à la" parce qu' on ne copie pas.
On s'inspire.
Quand je quitte - relativement tôt - sa maison, je traîne dans les bistrots
espagnols de la gare du Midi, où on me regarde de travers à cause de mes
cheveux.
Ou bien, plus souvent, je vais finir la soirée au club Garcia-Lorca, rue des
Foulons, et danser avec une guitare virtuelle, sur Wolle Lotta Love. Puis,
boire des Sol y Sombra avec mes vieux copains d'enfance, en me demandant ce qui
me lie encore à eux.
La tête dans les étoiles et l'identité en grand-écart.
J'aurais dû faire ballerine...
M.