
Histoires de Manuel
Mardi, mai 29 2007
1977. Un peu plus tard... Episode II
Par Admin le Mardi, mai 29 2007, 11:32

Là oui. J'ai dix-huit ans.
La scène se passe chez un ami, JiM. Non, non, il n'y a pas d'erreur de
frappe.
Lui est fils unique, et très gâté. Matériellement en tout cas. Il s'est
offert le nouveau synthé Yamaha, celui qui vient de sortir, et tout un tas
d'autres merveilles qui coûtent un pont. Sur la photo, en haut c'est un strings
Crumar.
Le chevelu, c'est moi. J'ai viré mes lunettes à la Marc Aryan, et j'ai des
rondes métalliques, style Lennon.
On s'enferme dans la chambre à JiM, lui à la guitare électrique, une Strato
blanche branchée à une flopée de pédales. Moi, je viens d'acheter avec un de
mes premiers salaires, une imitation Les Paul noire d'occasion, à un ami
Espagnol. 800 francs. Une beauté (la guitare...).
Mais JiM joue beaucoup mieux que moi, et je la laisse à la maison.
Je programme les synthés, séquenceur analogique seize pas, et on décolle. Je
fume toujours un pétard avant de débarquer chez lui, mais je lui dis rien. Il
m'a l'air trop sérieux, pas fumeur, ni buveur, ni de filles. Les
apparences...
On s'enferme pendant plusieurs heures dans des envolées à la Pink Floyd,
Tangerine Dream, etc. Je dis "à la" parce qu' on ne copie pas.
On s'inspire.
Quand je quitte - relativement tôt - sa maison, je traîne dans les bistrots
espagnols de la gare du Midi, où on me regarde de travers à cause de mes
cheveux.
Ou bien, plus souvent, je vais finir la soirée au club Garcia-Lorca, rue des
Foulons, et danser avec une guitare virtuelle, sur Wolle Lotta Love. Puis,
boire des Sol y Sombra avec mes vieux copains d'enfance, en me demandant ce qui
me lie encore à eux.
La tête dans les étoiles et l'identité en grand-écart.
J'aurais dû faire ballerine...
M.
Lundi, mai 28 2007
1977. Ça y est presque... Episode I
Par Admin le Lundi, mai 28 2007, 10:43

!!!J'aurai 18 ans dans un mois.
Plus bas, la photo est coupée, j'ai des pattes d' Eph. J'ai eu mon diplôme A2 Electronique en juin. Nous sommes en 1977. Et je n'en mène pas large. Là, sur l'image, je suis sur la terrasse, chez mes parents, à Oviedo, en Espagne. Qu'est ce que je vais faire après ? Je ne sais pas. Je suis venu y passer l'été, resté un peu plus longtemps pour assister au mariage d'une de mes soeurs (celle qui me photographie) et dans quelques jours, je retourne à Bruxelles. Je me suis inscrit comme demandeur d'emploi fin juin. Ah oui, j'oublie. Je suis tombé amoureux de ma cousine, là, au mariage de ma soeur. Ça va rendre les choses plus faciles, je vous le dis déjà !
Comme je suis un peu devin, je peux vous raconter la suite. Je rentre à
Bruxelles. Une correspondance fiévreuse et endiablée, s'ensuit avec la cousine.
On se promet que etc.
Etc. dure deux mois, puis silence radio, axe Bruxelles->
Espagne.
Je dois travailler, épluche les petites annonces. Voilà. Bingo.
C'est l'ascension sociale: je suis engagé chez OTIS pour un contrat de six
mois. Une sorte d'essai.
Ma mission, si je l'accepte: graisser les guides des cabines
d'ascenseur.
Je suis en poste au Berlaymont, dans les sous-sols. On me confie une
mobylette, une salopette et une caissette avec des outillettes.
Vachement lourde la caissette. C'est une caisse à outils de
mécano.
*** Regardez mes muscles sur la photo ! ***
Je reçois ma feuille de route, le matin, au Berlaymont, et vais faire ma
tournée, en mob, à travers Bruxelles. Qu'il pleuve ou qu'il vente.
Le soir venu, je me métamorphose, et ça, c'est pour le prochain épisode... M.
page 4 de 4 - billets suivants »
